La prédiction des éclipses dans l’Antiquité

La prédiction des éclipses a toujours suscité un vif intérêt dans l’esprit de l’homme. Les anciennes civilisations, dotées de connaissances astronomiques impressionnantes pour l’époque, ont réussi à prévoir ces phénomènes cosmiques avec une précision remarquable.

Les méthodes des Babyloniens

Les Babyloniens, maîtres incontestés de l’astronomie ancienne, utilisaient l’arithmétique pour prévoir les éclipses. Ils ont établi le cycle de Saros, une période de près de 18 ans, au bout de laquelle les conditions célestes sont presque identiques. Ainsi, une éclipse qui s’est produite à l’origine reviendra après deux Saros, soit environ 36 ans. Si une éclipse était observée, ils pouvaient alors prédire avec assurance qu’une autre éclipse similaire se produirait 18 ans plus tard.

La science astronomique des Mayas

Les Mayas étaient également connus pour leur compétence à prévoir les éclipses. Leurs calendriers complexes, basés sur les mouvements de la Lune et du Soleil, leur permettaient de prévoir avec précision quand une éclipse aurait lieu. Leur tableau des éclipses, présent dans le Codex de Dresde – l’un des rares livres mayas qui a survécu à la destruction des conquistadors espagnols – répertorie une série d’éclipses sur une période de 33 ans.

Les calculs des Chinois

En Chine, l’observation des éclipses remonte à des millénaires. Les Chinois ont créé des calendriers lunisolaire, calculant ainsi les mouvements du Soleil et de la Lune. Armés de cette connaissance, ils étaient capables de prédire les éclipses lunaires. Ils ont également consigné une longue liste d’éclipses observées, qui ont permis d’améliorer la précision de leurs prévisions au fil du temps.

Le savoir-faire des Grecs

La Grèce antique a également contribué à la compréhension des éclipses. Thalès de Milet, un philosophe présocratique, aurait prédit l’éclipse solaire de 585 av. J-C. Les astronomes grecs utilisaient des systèmes géométriques complexes pour calculer les mouvements des corps célestes. Cette expertise, associée à leurs connaissances en mathématiques, leur a permis de prédire avec une certaine précision les occurrences des éclipses.

Dans ces anciennes civilisations, la prédiction des éclipses était une affaire sérieuse. Leur capacité à prévoir ces événements leur permettait non seulement de planifier des cérémonies religieuses, mais aussi d’exercer un certain contrôle sur le peuple – la capacité à prédire un événement aussi spectaculaire étant perçue comme un pouvoir divin. Malgré leurs moyens limités par rapport à la technologie d’aujourd’hui, l’exactitude de leurs prévisions reste une preuve indéniable de leur intelligence et de leur ingéniosité.

Les clés de la prévision dans les civilisations anciennes

L’astronomie était une science majeure dans les anciennes civilisations, car elle leur fournissait les outils nécessaires pour établir des calendriers, prévoir des événements météorologiques et prédire les éclipses. Le cycle de Saros, une période de 18 années, 11 jours et 8 heures après laquelle les éclipses se répètent, était bien connu des Babyloniens, des Chinois et même des Mayas.

Les Babyloniens utilisaient des tablettes d’argile pour consigner leurs observations astronomiques, y compris les éclipses. Ils ont donc réussi à mettre en évidence le cycle de Saros, concrétisant ainsi l’art de la prédiction des éclipses.

De même, la civilisation chinoise avait développé une assez bonne compréhension de l’astronomie. Ils étaient capables de prédire non seulement les éclipses solaires, mais aussi les éclipses lunaires. Pour réaliser ces prévisions, ils ont développé le cycle de sexagésime, qui est un cycle de 60 années utilisé pour calculer les positions relatives du Soleil, de la Lune et de Jupiter.

Le rôle de la mythologie dans la prévision des éclipses

De plus, dans certaines civilisations, la prévision des éclipses était liée à la mythologie. Les textes sacrés de l’Inde ancienne, par exemple, relatent de nombreux épisodes de batailles cosmiques dans lesquelles les démons tentent de dévorer le soleil ou la lune, causant une éclipse. Les sages védiques étaient capables de prédire quand ces incidents se produiraient, renforçant ainsi leur autorité spirituelle.

Dans la Grèce antique, l’éclipse était souvent considérée comme un présage sombre. Toutefois, les Grecs ont réussi à se tourner vers le domaine de la science pour prédire ces événements. L’historien Hérodote raconte que Thalès de Milet a réussi à prédire l’éclipse solaire qui s’est produite en 585 avant notre ère.

Conclusion

La prédiction des éclipses dans les anciennes civilisations démontre le génie humain et la soif de connaissance grands avant l’ère de la technologie moderne. Ces civilisations ont utilisé des observations précises, des calculs méticuleux et une compréhension globale des cycles lunaires et solaires pour prédire les éclipses avec une précision remarquable.

Que ce soit grâce au cycle de Saros, à l’utilisation de tablettes d’argile par les Babyloniens, au cycle de sexagésime chinois ou à l’application de la mythologie dans les textes sacrés indiens, toutes ces méthodes attestent de l’excellence de l’astronomie ancienne et de la fascination des anciennes civilisations pour les cieux.

La science de l’astronomie a fait de grands pas depuis ces temps anciens, et nous pouvons désormais prédire les éclipses avec une précision scientifique inouïe. Pourtant, l’ingéniosité des anciennes civilisations à prévoir ces splendides événements naturels mérite notre respect et notre admiration. En fin de compte, notre compréhension actuelle des éclipses ainsi que notre capacité à les prédire sont en grande partie une dette que nous devons à ces explorateurs célestes d’antan.

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